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 And the masquerade will come calling out at the mess you've made | ft. Seo Il Woo

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MessageSujet: And the masquerade will come calling out at the mess you've made | ft. Seo Il Woo   Lun 6 Avr - 0:59


C'est en urgence qu'il est appelé sur le terrain. Ses heures de travail régulières sont terminées depuis un moment, et même s'il sait qu'il peut être appelé à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit pour des missions ponctuelles, il n'est pas particulièrement préparé à cet appel, ce jour-là. Du moins, les rouages et la machinerie qui constituent son corps d'acier ne le sont pas. Son esprit, ou ce qui s'en rapproche, l'est toujours lui.

« Situation de type 3, à régler sous 30 minutes. Modèle 3 « Seo Il Woo » à ramener dans foyer. »


Les lettres noires sur blanc du message se reflètent dans ses yeux de verre, l'écran du téléphone projetant un halo de lumière blanche. Pas un seul bruit à part le vrombissement d'un objet qui est en train de recharger. Mais pas n'importe quel objet, lui. D'un geste du doigt, il appuie sur l'écran pour accéder à la carte attachée au message, les estimations de temps de déplacement depuis son logement, mais aussi, en passant à la deuxième photo, à l'image du Modèle 3 en question. Quelques secondes pour intégrer les informations, puis Ojoon jette le téléphone sur le côté. Il se sent ralenti, son système procédant très lentement à l'analyse de son environnement. 10% de batterie, voilà ce qui lui reste, et pas de temps pour se recharger avant de partir en mission. Pas le choix non plus de refuser la mission. C'est pourquoi, malgré sa faible énergie, il procède au débranchement et se dirige d'un air déterminé vers la sortie de son appartement.

Situation de type 3 : Situation où un androïde alpha, créé et placé par l'EH se retrouve dans une situation de danger, ou accomplit mal son rôle. Besoin d'intervention d'une équipe "pacifique" pour calmer la situation, enlever l'androïde et le corriger si besoin est.

Jusque là, pas vraiment besoin de s'inquiéter pour la batterie, dans la mesure où la mission sur laquelle on venait de l'assigner n'était pas une des plus ardues. En une dizaine de minutes, il est sur place, rejoint par un autre androïde, qui est plus ou moins son sous-fifre de métal. Ojoon ne s'est jamais exprimé contre, mais il ne pense pas avoir besoin d'être accompagné sur des missions de ce genre. Après tout, il n'est pas un débutant, et il a assez d'expérience pour assurer toutes missions en solo. Mais c'était généralement un ordre direct de l'EH, alors il se contente d'ignorer superbement son existence. N'attendant même pas un signe d'approbation du plus jeune des deux androïdes, il se dirige d'un geste mécanique vers le café où se trouve la personne à "récupérer".

Danger, batterie basse.

Un bruit suraigu résonne à l'intérieur de l'oreille de l'androïde, un bruit qu'il n'entends que rarement car il n'arrive jamais à un état de batterie aussi critique que celui-ci. Il se tape l'oreille discrètement pour arrêter le bruit et calcule silencieusement le temps qu'il lui reste avant de tomber en panne. Peu de temps. Il sent déjà ses gestes beaucoup plus lents, les phrases beaucoup plus difficiles à construire. Il faut repérer la cible, rapidement.

Il scanne la salle. Quelques tables plus loin, il repère un rassemblement de jeunes. L'attention générale du groupe semble être centrée sur une personne en particulier, qu'Ojoon reconnaît en quelques secondes. Seo Il Woo, l'androïde fautif et demandant intervention de l'EH. Au vu de son attitude, de sa posture et de l'expression de son visage, la situation est difficile, et urgente.

L'androïde de surveillance se rapproche furtivement, et endosse sa couverture pour l'opération. Un ami à Il Woo, qui le rencontrerait par hasard et l'embarquerait pour une soirée chez un "ami en commun". Tout ça pour permettre à la situation de se régler en douceur, d'évacuer les lieux et pouvoir se retrouver seul à seul avec le modèle.

Tout sourire, un air enjoué sur le visage, il se rapproche soudainement du rassemblement.

« Il Woo ! Yah, Seo Il Woo !»


Quelques pas de plus. Une main sur l'épaule en métal de l'autre machine et un sourire, qui se veut naturel. Mais déjà, les humains le regarde lui aussi. Une voix fuse.

« Vous êtes venus récupérer le tas de ferraille qui se prend pour Il Woo ? »

Un bruit aigu sonne de nouveau dans son oreille mais cette fois il endure sans rien faire. Il ne sait pas si c'est son système qui est réellement en manque de batterie et fait des siennes, mais il a senti une douleur sourde au creux de son estomac. « tas de ferraille », ce sont des mots qui font étrangement écho à Ojoon. Comme si ils lui rappelaient quelque chose. Comme s'ils lui étaient adressés. Comme si c'était une insulte.

Un instant plus tard, tout est revenu à la normale, excepté le vacarme dans son oreille. Il esquisse un geste naturel vers son oreille, pour replacer ses cheveux factices derrière son oreille, en profitant pour mettre fin au bruit assourdissant, avant de se retourner vers Il Woo. Il semble réellement blessé et mal à l'aise face aux quolibets des humains. Dans ce genre de situation tendue, il est recommandé par l'EH d'apaiser la situation en ignorant les remarques. C'est donc ce qu'il essaie de faire.

« Je ne comprends pas ce dont vous parlez, je suis désolé... Je venais chercher mon ami ! Nous sommes invités à une fête, et je ne voudrais pas qu'il la manque!»



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MessageSujet: Re: And the masquerade will come calling out at the mess you've made | ft. Seo Il Woo   Sam 18 Avr - 16:12

Il Woo rajuste le col de sa chemise, apporte une dernière touche à sa coiffure, puis adresse un sourire au reflet que lui renvoie le miroir devant lequel il se tient. Le voilà fin prêt. Prêt à jouer le rôle qu’on lui a assigné, prêt à retrouver des amis qui ne sont pas les siens, mais ceux d’un défunt. Prêt à mentir, encore une fois. Au pied de la cage d’escalier, l’homme qui se comporte comme s’il était son père l’appelle. Il est l’heure d’y aller. Après s’être saisi de ses clés de voiture et de son carton d’invitation à la « réunion des anciens élèves du lycée Seonam – promotion 2070. », l’androïde quitte sa chambre et descend à l’étage. Démarche tranquille, expression avenante, regard franc… L’automate ne laisse rien au hasard. Il a étudié des dizaines de photographies afin de pouvoir imiter au mieux la personne qu’Il Woo était à l’âge de 17 ans. L’illusion est parfaite. Même ses parents de substitution se prennent au jeu quand il apparaît devant eux. Tombant sous le charme du temps retrouvé, ils le maternent et le choient comme s’il était la chair de leur chair, le sang de leur sang. Leurs remarques affectueuses et bienveillantes l’accompagnent jusqu’à la sortie.

« Ne rentre pas trop tard, ce soir. »
« Fais attention à toi. »

L’automate leur adresse un dernier signe de la main avant de s’engouffrer dans son véhicule. Leurs silhouettes tremblantes apparaissent au coin de son rétroviseur, mais elles deviennent de plus en plus indistinctes et s’évanouissent finalement dans les airs. Pour la première fois depuis des semaines, le robot se retrouve livré à lui-même. Alors qu’il a bénéficié jusque-là de la bienveillance et de la protection de proches trop heureux de trouver en lui le moyen de tromper leur peine et leur deuil, Il Woo part à la rencontre de simples connaissances. Un fossé le sépare de ces quasi-inconnus, de ces visages seulement entr’aperçus, de ces noms à peine mémorisés. Et pourtant, ce soir, il doit leur faire croire qu’il est l’un de leurs. Les regards interloqués et les exclamations de surprise qui accueillent son arrivée annoncent que la tâche ne va pas être aisée.

« Qu’est-ce qu’une boîte de conserve fait ici ? »
« Mais on dirait Il Woo. Je croyais qu’il était mort… »

Le jeune homme persiste malgré tout. Il salue d’anciens camarades, tente d’initier la conversation avec des jeunes femmes qui étaient membres du vidéoclub dont Il Woo était le président. En vain. Il n’obtient que des sourires forcés et des réponses crispées. On l’évite, on le fuit. Personne n’ose croiser son regard. Le malaise est perceptible, mais demeure implicite. Cependant, au fur et à mesure que la soirée avance, les esprits s’échauffent. L’alcool coule, le ton monte. Ceux qui, depuis son entrée, le considèrent d’un mauvais œil cessent de se tenir écart. Ils n’hésitent plus à le prendre à partie, à lui indiquer que sa présence les importune. Comme l’androïde ne répond pas, il est de plus en plus bousculé et chahuté.

« On veut pas de trucs dans ton genre parmi nous.
« Rentre chez toi, t’as rien à faire ici. »

Il Woo hésite à prendre la parole afin d’apaiser la situation. Il ouvre la bouche, mais aucun mot ne franchit la barrière de ses lèvres. L’androïde est habitué à gêner, à mettre mal à l’aise. Mais il a rarement été confronté à une violence aussi manifeste et ouvertement avouée. Que pourrait-il dire pour calmer les esprits ? La question travaille le robot, mais celui-ci n’a guère le temps de se pencher sur la question. Soudain, une main se pose sur son épaule, et tout s’enchaîne très vite. L’automate fait volte-face. Il bat des cils et tente vainement d’identifier la personne qui vient de l’aborder. Cette dernière dit être un ami, mais malgré une analyse intensive et approfondie de sa base de données, Il Woo ne parvient pas à mettre un nom sur ce visage. Aussi, à défaut de pouvoir identifier le nouveau venu, le jeune homme plonge son regard dans le sien. Ses iris sont d’un noir encre, ils sont d’une telle profondeur qu’on pourrait s’y noyer. Cependant, aucune émotion n’y transparait. On dirait une glace sans tain qui, dans sa vacuité, renvoie au monde l’image de sa propre vanité. Il Woo lui-même manque de tomber dans cet abîme ; il en fixe le fond, et il lui semble que sa silhouette s’y reflète.

« Génial. Voilà qu’ils nous envoient un de leurs soldats de plomb. »
« On peut pas se fier à ces trucs. Ils sont de la même espèce, du même bord. Faut qu’on se charge de ça nous-même. »

Les remarques fusent, et le robot comprend finalement que son vis-à-vis n’est pas qu’un miroir, mais un double, un semblable. C’est la raison pour laquelle un soudain sentiment d’empathie s’empare de lui. Enfin, il n’est plus seul contre tous. La main d’Il Woo vient se poser sur l’épaule de cet allié inespéré. Il remarque alors que celui-ci ne cesse de porter la main à son oreille, comme si quelque chose le gênait. Prévenant, il demande automatiquement :

« Est-ce qu’il y a un problème avec tes connectiques ? »

Connectiques, câbles et circuits imprimés… Ces mots, Il Woo n’a pas vraiment le droit de les prononcer. Ses proches n’aiment pas les entendre. Quand ils entendent, ils se souviennent que cet être qu’ils chérissent n’est fait que de plastique et de fer. Ils sentent alors toute la distance qu’il y a entre eux et lui. Seulement, cette fois, l’automate sait que ces termes techniques ne l’éloigneront pas de son interlocuteur. Au contraire, ils feront comprendre à celui-ci que leurs squelettes sont du même acier, que la même électricité parcourt leurs veines artificielles. Ce rapprochement n’est cependant pas au goût de tous. Soudain, des mains viennent agripper violemment le col d’Il Woo. Quelques secondes plus tard, son dos heurte un mur.

« Alors comme ça, vous faites copain-copain ? Apparemment, il faut que l’on se débarrasse de toi nous-mêmes. »
« Attendez, il faut l’aider. Il y a quelque chose qui ne va pas… »

Tandis qu’il proteste, Il Woo risque un regard en direction de l’inconnu. Il rencontre à nouveau ses yeux, sombres et inexpressifs. Il tente à nouveau d’y déceler quelque chose. Mais on lui assène un coup de poing au ventre. Il tombe à genou, sa vue se brouille. Tout contact avec l’autre se trouve alors  rompu. #ERROR 606#

[HJ : Avec retard, mais amour ♥ Promis, maintenant que le nouveau design est terminé, cela ne se reproduira plus]
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MessageSujet: Re: And the masquerade will come calling out at the mess you've made | ft. Seo Il Woo   Jeu 23 Avr - 1:01


Les humains sont généralement facilement manipulables, mais ceux-là n'ont pas l'air aussi bêtes, ils comprennent immédiatement qu'Ojoon est lui aussi un être d'acier et de circuits. Pire qu'un simple échec, l'androïde se retrouve même menacé par les humains qui les entourent. Et ces humains sont en surnombre.

Évidemment, il ne lui faudrait pas grand chose pour pouvoir se débarrasser de cette dizaines de corps humains complètement éméchés, alourdis par l'alcool présent dans leur sang, par leurs paupières lourdes de fatigue. Mais les missions de type 3 sont toujours pacifiques. Il est interdit dans le protocole inscrit au plus profond du disque dur d'Ojoon de faire preuve de force dans ces cas-là. Diplomatie et efficacité, ce sont les deux mots qui reviennent devant les yeux de ce dernier lorsqu'il évalue la situation. Une situation risquée comme celle-ci fait appel à la capacité de diplomatie – ou plutôt les règles de négociation sociale qu'on lui a gravé dans son disque dur – de chaque androïde de surveillance. Lorsque les situations de type 3 dérapent, il faut calmer la situation, apaiser les esprits et sortir rapidement l'androïde fauteur de trouble. Faire preuve d'efficacité.

Mais tandis que son disque dur fonctionne à pleine vitesse pour évaluer et résoudre la situation, les humains continuent à le menacer. Et avec la menace qui grandit, la lenteur de son disque dur, la batterie ne fait que se vider plus rapidement. Dangereusement.

Un autre hurlement strident dans ses oreilles, une main dirigée automatiquement vers son oreille pour l'arrêter. L'androïde fauteur de trouble lui demande s'il a un problème avec ses connectiques. Il ne réagit pas, hoche à peine la tête d'un signe négatif.

Mais son système s'affole. Plus la batterie descends, plus son système mets du temps à réagir. Plus il est long à procéder, plus il draine l'énergie. Et plus la batterie s'épuise.

Six pour cents restants. Ojoon sent les courants électriques se ralentir dans son corps, comme s'ils essayaient de prévenir le crash prochain. Régler la situation au plus vite. Il s'apprête à s'avancer vers les humains, la bouche ouverte, mais est interrompu. Il est bousculé. La situation bascule.

Deux humains s'occupent de le bloquer, deux autres sont sur l'androïde qui l'accompagne. Un seul plaque Il Woo contre le mur. Les yeux de verre d'Ojoon évaluent la situation entière, envoient des signaux à son cerveau. Il croise le regard d'Il Woo, dans lequel il peut lire une certaine appréhension, enfin du moins c'est ce qu'il pourrait y lire si c'était des yeux d'humains. Ojoon se retrouve pour la première fois confronté à une situation qu'il se sent incapable de gérer. Le processus imprimé dans ses circuits n'évoque aucun cas de figure qui se rapproche de la situation qu'il vit. Alors son système essaie de se mettre en autonomie, afin de prendre une décision. Les indications de l'EH tournent en boucle dans son esprit, tandis que le bruit strident continue à faire un écho en continue dans son oreille de plastique. Calmer la situation. Enlever l'androïde. Le corriger si besoin. Calmer la situation, protéger l'androïde pour le corriger soi-même si besoin.

« Pourquoi pas régler la situation en parlant ? Sans violence, la violence ne résous rien ! »

Des paroles qu'on lui a inculquées pour apaiser les situations, mais qui sont vides de sens, autant pour les humains sous l'emprise de l'alcool, que pour lui. Ici, la violence serait évidemment capable de résoudre des choses, mais comme on lui a ordonné autrement, il n'y a pas recours.

Cinq pour cents, situation critique. Un bruit et Ojoon aperçoit, dans son champ de vision, Il Woo brutalisé, tomber sur les genoux. Quelque chose fait écho en lui, étrangement. Comme si dans ses membres de fer, il ressentait le coup que l'autre venait de recevoir. Comme si au fond de sa coquille de métal, un circuit lui rappelait ce qu'était être rejeté. Et c'était absurde. Il avait été programmé pour être un androïde de surveillance, et il n'avait jamais du faire face à du rejet, surtout par des humains.

La surchauffe, les circuits en pleine effervescence, le manque d'énergie, ça doit être eux qui ont cet effet sur lui, le font respirer de manière saccadée. Plus il essaie de réfléchir, plus son système s'alarme. Il voudrait simplement apaiser la situation, l'apaiser, la calmer. Le champ de vision s'assombrit d'une couleur rouge sous l'urgence de la situation, normalement pour alerter l'androïde. Pour le prévenir, s'il ne le sait pas qu'il doit se rebrancher rapidement. Ojoon le sait lui. Mais pour ça, il faut qu'il puisse finir la mission.

« Arrêtez... »

Le bruit est insupportable dans son oreille. Calmer la situation. La rendre pacifique.  Son souffle est court, comme si on lui oppressait les poumons qu'il n'a pas. Calmer la situation. Enlever l'androïde. Le corriger si besoin. Et soudain, plus rien.

Quand Ojoon reprends « conscience », ou plutôt que son système se redémarre, lentement, difficilement, il a le regard braqué sur Il Woo. Ce dernier semble mal en point au vu de sa position recroquevillée, à terre. Des fragments d'ordre lui reviennent à l'esprit. Enlever l'androïde. L'androïde ne doit pas être blessé. Apporter l'androïde à réparer si besoin.

Ses circuits surchauffent. Son esprit s'embrouille à cause des chiffres qui défilent en continu devant ses yeux, assurance qu'il a bien eu une erreur fatale dans son système. Comme s'il était différent d'il y a quelques secondes plus tôt, il ne pense plus à garder la situation pacifique. Il est conscient qu'il va probablement à l'encontre d'un de ses protocoles, mais les ordres qu'il perçoit semblent plus importants. L'androïde doit être protégé. Il doit être enlevé. Il doit être protégé de ces humains détestables.

Un coup à droite, un coup à gauche, ses deux assaillants sont à terre. Des cris résonnent dans le café, mais Ojoon n'en tient pas compte. Il se redresse, son regard de verre presque entièrement noir. Fini la comédie, il s'agit ici de se débarrasser des fauteurs de trouble, les humains, et de récupérer l'androïde pour le réparer. En quelques pas, et en écartant d'un geste de bras les quelques humains qui essaient vainement de s'attaquer à lui, il est à côté d'Il Woo.

« Vous vous croyez être plus puissants que nous autre androïdes ? Pourquoi vous en prendre à la créature d'acier, quand les personnes fautives ne sont personne d'autres que vous, les humains ? Pourquoi ne pas vous en prendre au créateur de l'androïde, à celui qui a ordonné à la machine de paraître, d'être quelqu'un d'autre ? »

Sa voix est métallique, froide, comme à son habitude. Ces phrases ne sont pas enregistrées dans son système, mais Ojoon a l'impression de répondre aux ordres. Pas spécialement aux ordres de l'EH, ou aux processus inculqués en lui. Mais aux ordres qu'il reçoit de son disque dur, ou de quelque chose de plus profond, gravé au fin fond de ses circuits. Comme s'il répondait à un sentiment d'injustice.

Il s'agenouille aux côtés d'Il Woo et essaie de lui parler. « Est ce que tu m'entends ? Est ce que tes circuits sont endommagés ? » Un silence court avant qu'il reprenne mécaniquement. « Je vais te protéger, je t'amènerais pour te faire réparer. »

Le bruit strident est toujours présent dans ses oreilles. Mais ne semble plus le déranger autant qu'avant. Il ignore tous les signaux, sans savoir pourquoi. De toutes façons, Ojoon ne se demande jamais pourquoi. Il obéit simplement à ce qu'on lui ordonne. Et quand un humain se remets à les insulter avant de lui foncer dessus pour l'attaquer, il semble que son ordre est de contrer l'attaque. Pour protéger l'androïde. Avant même qu'il lui ai fondu dessus, il est debout, son bras tendu en avant pour bloquer l'attaque. L'humain rencontre sa main de plein fouet et recule de 3 pas, le souffle coupé, le regard haineux.

« J'ai dit qu'il n'était pas responsable. »



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MessageSujet: Re: And the masquerade will come calling out at the mess you've made | ft. Seo Il Woo   Lun 25 Mai - 10:26

Recroquevillé sur lui-même, Il Woo peine à se relever. Il tente une première fois de se remettre sur pied, mais retombe promptement à terre. Ses muscles artificiels ne se contractent plus. Pour une raison qui lui échappe, l'électricité ne parvient pas y passer. L'automate répète encore et encore la même commande, incapable de l'exécuter. C'est toujours la même boîte de dialogue qui s'ouvre : Echec de la connexion. Au onzième crash, tout part en vrille. Il Woo ne maîtrise plus rien. Il se sent comme prisonnier de son propre corps. Les coups pleuvent sur lui, il les subit sans pouvoir s'y soustraire. Une sorte de chappe de plomb le paralyse, le réduisant à l'impuissance la plus cruelle. Alors qu'un pied entre violemment en collision avec sa mâchoire, il vacille et se demande : est-ce que c'est cela, avoir mal ? L'interrogation l'accapare tellement qu'il ne remarque pas immédiatement que le passage à tabac a cessé et que l'on s'inquiète désormais. Ses circuits malmenés traitent l'information avec une infinie lenteur. Comme l'analyse de la situation tarde à se faire, il doit fournir une réponse par défaut :

《 Je vais bien.》

Oui, Il Woo va bien. Il Woo va toujours bien. L'aptitude à faire contre mauvaise fortune bon coeur est le premier paramètre que l'on a réglé chez lui. On a en effet fixé sur ses lèvres un indélébile sourire. Rien ne peut plus en effacer la trace, rien ne peut en modifier la courbure. L'automate est condamné à perpétuellement garder ce rictus en coin - même s'il souffre, même si, parfois, il vaudrait mieux pleurer. Ainsi, désarticulé mais docile, le pantin ne se départit pas de son air jovial et rassurant. Rassemblant le peu de forces qui lui restent, il saisit l'inconnu par la cheville. Celui-ci se dresse devant l'assistance, poing levé et mâchoire serrée. L'hostilité qui se dégage visiblement de lui tranche vivement l'apparente bienveillance d'Il Woo. Le contraste n'est toutefois qu'une sorte de symétrie inversée. Loin de s'opposer, les deux robots ne sont que les deux revers d'une même médaille.

《 Ce n'est pas moi qu'il faut protéger. Ceux qui sont véritablement en danger, ce sont les humains. On doit les préserver d'eux-mêmes. 》

Les propos que tient Il Woo décontenancent. Sous le coup de la surprise, des bouches s'entrouvent, des sourcils se froncent. Entendre un tas de ferraille disserter sur l'humanité et ses vissiscitudes ne plaît pas à tout le monde. Certains s'en offusquent même. Mais moins réceptif qu'en temps normal, Il Woo poursuit. Sa voix aux accents mécaniques gagne en volume et couvre le son des protestations :

《 Ils nous créent à leur image, puis prennent peur en nous voyant. Ils s'attaquent à nous et nous défigurent jusqu'à ce que nous ne soyons plus que des pièces détachées, jusqu'à ce qu'il ne soit plus possible de nous confondre avec eux. Cela montre bien qu'ils ne nous craignent que parce que nous leurs ressemblons. 》

Au fil des paroles d'Il Woo, le silence se fait. La marionette brisée intrigue et trouble. Le ton résigné sur lequel elle fait son récit émeut. Mais soudain, un cri d'effroi retentit. L'automate a ouvert sa chemise, dévoilant aux regards de l'assemblée son torse. Celui-ci, de coutume marmoréen, a été sévèrement endommagé. A plusieurs endroits, les coups de pieds ont transpercé le silicone. Les diverses fissures laissent apparaître les rouages que la cage thoracique de l'androïde renfermait jusque là. Sourd aux exclamations de dégoût qui s'élèvent ça et là, Il Woo se contente de demander à son semblable :

《 Pourquoi ne peuvent-ils pas simplement nous voir tels que nous sommes, dans toute notre différence ? Ils apprendraient peut-être à nous aimer s'ils le faisaient...》
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