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 All this bad blood here, won't you let it dry? | ft. Jaeyoung

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MessageSujet: All this bad blood here, won't you let it dry? | ft. Jaeyoung   Mar 26 Mai - 22:34


Un coup de feu. Fatal, irrévocable. Le corps fait de chair et d'os s'écroule au sol devant tes yeux horrifiés. Un long cri étranglé parvient à tes oreilles, comme un râle d'agonie grave et saccadé. Malgré les cris des androïdes enfants autour de vous, tu n'entends que ce dernier souffle, ce dernier appel à la vie. La dernière résistance avant l'abandon à la mort. Tu ne vois pas l'agitation soudaine des enfants d'acier, seulement les spasmes qui secouent le corps gisant aux pieds de son assassin. Et quand il retombe pour la dernière fois au sol, dans une rigidité morbide, tu sens la nausée te prendre. Quelques pas chancelants sur le côté, assez loin pour ne pas risquer d’abîmer ton ordinateur, et tu vomis presque silencieusement derrière des caisses empilées, vraisemblablement remplies de pièces détachées d'androïdes.

Tu ne sais pas si c'est l'entrepôt qui est mal éclairé ou si c'est le choc de voir un cadavre pour la première fois de ta vie qui te brouille la vue. Tu te redresses lentement, le regard vide. Les caisses de l'entrepôt dansent sous tes yeux mais tu finis par réussir à poser le regard sur quelque chose de fixe. Ou plutôt quelqu'un. Le tueur est à quelques mètres de toi et te regarde fixement. D'autres regards, factices, sont aussi braqués sur toi. Tes oreilles bourdonnent tandis que tu soutiens le regard du trentenaire. Un millier de pensées plus chaotiques les unes que les autres traversent ton esprit.

C'est un sentiment d'horreur qui monte progressivement en toi, comme une impression de déjà-vu. L'assassin te fixe, sans émotions, ce tueur qui vient de tuer la personne qui n'est désormais plus, celle qui traîne au milieu du hangar, étendue, inerte. Il l'a tué, ce propriétaire d'androïdes, le responsable d'un trafic illégal. Il l'a tué, et tu es sa partenaire. Tu l'as aidé dans sa mission, tu as aidé Jaeyoung à s'infiltrer, tu es sa partenaire dans cette mission. Tu l'as tué, toi aussi. Tu es responsable du cadavre étendu là. Tu as autant de responsabilité dans sa mort que Jaeyoung. Ta respiration se fait saccadée de nouveau, tu sens la panique monter dans ton corps. Comme si on poussait sur ta cage thoracique pour t'empêcher de respirer, pour t'empêcher de vivre.

Tu te sens sale, comme si on venait de te tremper dans un bain de sang. Celui de l'homme mort à quelques mètres de toi. Tes mains sont couvertes de son sang, comme de celui de tous les autres que tu as tué indirectement il y a de cela des années. Tes mains tremblent et tu les relèves un peu pour fixer ton regard sur elles. Elles sont sales, comme toi, comme ton âme. Tu es responsable de cette mort aussi, et tu n'as qu'une envie : te recroqueviller, pleurer ou encore prendre une douche des plus longues. Le fait de ne pas avoir de quoi te laver les mains t'angoisse au plus au point et tu sens une bouffée de panique t'envahir.

Tu relèves les yeux et croise de nouveau le regard de ton partenaire. Il te regarde toujours fixement, mais arbore cette fois-ci un léger rictus, comme s'il se moquait de toi. Comme s'il se moquait que tu sois trop sensible. Alors tu fais de ton mieux pour ravaler tes larmes. La bile qui descends dans ta gorge, mêlée à la salive, te fait grimacer. Lui, n'a l'air de rien ressentir devant la mort d'un humain, comme s'il n'était pas coupable. Car ce n'est pas lui le coupable, ce n'est pas lui qui a décidé de venir ici par lui-même et de tuer cet humain. Non, c'est l'EH qui le lui a ordonné, et c'est l'EH aussi qui t'a dit de l'accompagner et l'épauler dans cette mission. La mort de cet homme n'est pas ta faute. C'est celle de l'Electric Heart. Tu n'as pas de culpabilité dans tout cela. Tu ne fais qu'obéir aux ordres de ton entreprise, celle qui prends les décisions et assume les conséquences des actes. Tu as été pourvue d'une mission, et tu dois donc la finir. D'un coup de manche, tu essuies tes yeux humides puis ta bouche pour essuyer le reste de bile.

Tu dois finir cette mission.

Ça fait quelques semaines que tu as été affectée à cette tâche. Au départ, tu la réalisais comme la plupart du temps depuis les ateliers informatiques dans lesquels tu travaillais. Mais avec le danger des missions et la grandeur du réseau à démanteler, on t'avait ordonné de travailler en collaboration avec Jaeyoung, l'autre personne chargée de la même mission. Un homme qui ne t'aimait guère car tu arrivais à désactiver les androïdes avant qu'il puisse venir, telle la brute qu'il était, et les anéantir. Évidemment, cela devait blesser son ego, mais toi, tu t'en fichais. Une mission était une mission et plus rapidement les androïdes étaient désactivés, plus heureuse tu étais. Mais aujourd'hui, pour la première fois de ta vie, tu avais du prendre part à une vraie mission commando, un raid dans un entrepôt pour anéantir un réseau d'androïdes enfants illégaux.

Et te voilà, reprenant ton ordinateur sous le bras, celui qui avait aidé à forcer le système de sécurité de l'entrepôt, à t'avancer vers Jaeyoung. Tu combats tes angoisses et prends une grande respiration pour égaliser ton rythme cardiaque avant de t'adresser à lui. « Comment on procède ? », tu désignes le groupe d'androïdes enfants regroupés à quelques mètres de vous. « Puisque j'ai désactivé un grand nombre de tes proies avant que tu aies pu faire quoi que ce soit, je la joue grande dame et je te laisse le faire par toi-même. » Tu lui adresses un grand sourire, ton air le plus mignon au visage. « A moins que tu ai besoin de mon aide car tu te sens rouillé ? » Un ton sarcastique, celui qui te va le mieux lorsqu'il s'agit de lui adresser la parole.

Tu le provoques car tu veux simplement que la situation se règle rapidement, et que tu puisses sortir de ce hangar. Sortir ce cadavre de ton champ de vision.



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MessageSujet: Re: All this bad blood here, won't you let it dry? | ft. Jaeyoung   Dim 28 Juin - 18:10

Mes mains trahissent un léger tremblement, puis plus rien. Aucune autre réaction ne me vient. Je reste un long moment immobile. L'espace d'un instant, le temps semble s'étirer Mon oeil fixe demeure rivé sur le corps sans vie qui gît à mes pieds. La tête du cadavre baigne dans une flaque de sang. Le liquide, encore tiède, continue de se répandre sur le béton glacé. Peu à peu, une mare écarlate se forme, et je dois reculer de quelques pas afin que la pointe de mes chaussures ne soient pas tâchée. Ce mouvement instinctif et spontané me sort de ma léthargie. Je reviens soudain à la vie. J'abaisse mon revolver, en règle le cran de sûreté, puis range l'arme à ma ceinture. Je pourrai m'exécuter les yeux fermés. Enfin, j'ôte mes gants en cuir. Mes gestes s'enchaînent avec rapidité et précision. A force d'être répétés chaque soir, ils sont devenus mécaniques et habituels. Ils s'inscrivent dans une sorte de routine quotidienne que moi seul connais et à laquelle j'aimerais pouvoir m'abandonner en toute tranquilité. Malheureusement, ta voix narquoise vient me déranger. Agacé, je lâche sans même t'adresser un regard :

《 La ferme. 》

La réplique est sommaire, mais à quoi bon élaborer davantage quand je sais que cela sera sans effet sur toi ? Voilà des semaines que tu ne me lâches pas d'une semelle. Force est d'avouer que, dans le rôle du parasite, tu es plutôt douée. Mais ta tenacité et ta persistance ne parviendront pas à me faire changer d'avis : tu n'as rien à faire ici. Tu as beau jouer les gamines sans peur et sans coeur, tu n'arrives pas à cacher ta fragilité. Quand le coup est parti, j'ai bien vu comme tu as sursauté. Maintenant encore, tu sembles être à deux doigts de t'effondrer. Si tes nerfs finissent par effectivement lâcher, je ne serai pas là pour te rattraper. Tu n'éveilles aucune pitié en moi. Ton sourire suffisant paraît si faux que face à lui, je n'ai qu'une envie : l'effacer et te faire regretté de m'avoir provoqué.

《 Si tu tiens tant à te rendre utile, débarrasse-nous du corps. On ne doit laisser aucune trace. Le mieux est de le brûler...》

Pour prononcer ces paroles, je me suis posté derrière toi et me suis penché pour murmurer à ton oreille. Je reste quelques secondes dans cette position, laissant mon souffle courir le long de ta nuque. Tous les moyens sont bons pour te faire frémir. Chaque frisson que tu ne sais réprimer constitue pour moi une nouvelle victoire et prouve que ta place n'est pas dans cet entrepôt. Tu n'as pas les tripes qu'il faut. Cela, j'en suis persuadé et je ne suis pas prêt de te laisser l'oublier.

《 Tu hésites ? Pourquoi ? Tu ne veux pas salir ces mains qui te servent à frapper furieusement sur ton clavier ? Je peux comprendre. Tu ferais mieux de laisser les grandes personnes faire et retourner te réfugier derrière ton écran d'ordinateur. 》

Tentant de te pousser dans tes derniers retranchements, je me saisis de ton poignet et te force à me présenter ta paume immaculée. Je m'apprête à y déposer un briquet, mais la blancheur de ta peau et la finesse de tes doigts de fée me font hésiter. On dirait la main d'une enfant. Do Hee aurait pu avoir la même. Il me paraît soudain criminel de vouloir la souiller. J'aurais dû m'y attendre. Après tout, depuis le début, n'est-ce pas précisément cela la raison de ma réticence à ta présence à mes côtés ? Tu as l'air si jeune, si vulnérable. Si ma fille était encore en vie, elle te ressemblerait peut-être. La clarté de ton regard me rappelle le jour où, pour la première fois, j'ai croisé ses prunelles mordorées. Quand tu vois ce que je fais, c'est comme si c'était elle qui me jugeait. Mais cela, je ne peux te l'expliquer. Une sale môme comme toi ne pourrait pas comprendre, une sale môme comme toi ne connaît rien à la vie, n'est-ce pas ? Aussi, je me contente de laisser tomber le briquet au sol. Celui-ci atterrit dans l'hémoglobine stagnante, éclaboussant le bas de nos vêtements. J'imagine très bien la mine de dégoût que tu dois afficher. Cela me décide à porter le coup final :

《 Tu sers à rien ici. Rentre chez toi. T'es peut-être une peste, mais avec ton visage d'ange et tes airs de Sainte-Nitouche, t'as peut-être encore une place au paradis. Laisse-moi brûler seul en Enfer.》
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MessageSujet: Re: All this bad blood here, won't you let it dry? | ft. Jaeyoung   Dim 26 Juil - 19:50


Un léger rictus anime tes lèvres fines tandis que tu reçois le traitement habituel de ton coéquipier. Enfin coéquipier, c'est bien un grand mot pour représenter l'homme qui passe son temps à tuer et souiller ses mains de sang. Tu es habituée maintenant à ses sautes d'humeur, à son caractère provocateur et sarcastique. Pourtant, tu n'en es pas moins plus à l'aise lorsqu'il s'approche de toi, le visage toujours aussi impassible. Tu t'efforces de garder ton sourire, mais tu sens ta respiration se raccourcir. Comme si avec lui, il amenait une aura mortelle autour de toi, quelque chose qui bloquait ta respiration et t'empêchait de penser clairement. Tu ne t’essouffles par pour autant et reste impassible, même lorsque tu sens une chaleur dans ta nuque.

Dans le creux de ta nuque, il murmure près de ton oreille « Si tu tiens tant à te rendre utile, débarrasse-nous du corps. On ne doit laisser aucune trace. Le mieux est de le brûler... ». Tu ne peux pas t'empêcher de laisser un frisson parcourir ton corps. Tu ne sais pas réellement déceler si c'est de par votre proximité, ou parce que son souffle, insistant, se percute à ta peau sensibilisée au froid. Ou peut-être simplement par dégoût d'être aussi proche de lui. Tu ne l'aimes pas, lui et sa voix grave, caverneuse, aussi assurée qu'elle peut l'être. Lui et son physique impressionnant, ses yeux qui transpercent ses proies et font ressentir à quiconque qu'elle est la personne la plus insignifiante du monde. Lui et son regard qui te juge à chaque chose que tu fais, ses gestes et mots – purs poisons – qui  te rapellent tes faiblesses et appuient dessus. Cette attitude désobligeante, dégradante, arrogante. Mais surtout, ce manque d'humanité, probablement du à trop de sang sur ses mains, ce manque d'émotions qui te reflète ce que tu es progressivement en train de devenir.

Immobile, rigide sous le souffle chaud de l'autre, tu ne réagis pas, ce qu'il prend pour une hésitation. Ses paroles ne te font rien. Il a beau essayer de se mettre en héros qui réalise tout le travail, sans toi, il ne serait pas là, et sans toi, il lui aurait fallu des mois de plus pour comprendre où se situait cette cachette. Sans toi, il avancerait bien moins vite, et ça il aimait l'oublier. Mais lorsqu'il te touche, te saisit le poignet pour te retourner, vers le corps et vers lui, et t'y déposer le briquet, tu paniques. Plus de souffle, les mains qui tremblent, l'impression d'avoir été vidée de toute énergie. Tu cramponnes ta main droite à ton ordinateur, l'empêchant de se fracasser au sol. Il est tout ce que tu as, et tu ne peux pas t'autoriser à l'abîmer. La gorge sèche, l'impression que tu vas t'évanouir bientôt, tes yeux te laissant entrapercevoir de nouveau la flaque rouge qui vous environne, tu le dévisages tandis qu'il regarde ta main et s'y apprête à déposer un briquet.

Toutes les pensées passent par ton esprit. Tu vas devoir le faire, tu vas devoir affronter ta peur et lui fermer le clapet. Tu vas devoir affronter tes angoisses et te montrer forte. De toutes manières, tu es déjà coupable avec lui. Toi aussi, tu l'as tué. Du moins, vous l'avez fait pour l'Electric Heart, les vrais coupables du corps ensanglanté gisant au sol. Tu aventures un regard vers le corps, mais un nouveau haut le cœur te prends. Et lorsque le briquet finit par tomber au sol, éclaboussant du sang vers vous, tu ne peux t'empêcher de reculer, par horreur. Ton poignet échappe à l'emprise du jeune tueur et tu te retournes pour cacher tes faiblesses et les larmes qui coulent sur tes joues. Tu ravales tes larmes en écoutant son discours. Tu n'es pas aussi faible que ça, tu peux lui montrer que s'il veut jouer, tu peux jouer aussi. Toi aussi, tu peux te montrer forte et lui démontrer que tu as ta place ici. Lui montrer que même s'il a tendance à l'oublier, il ne serait pas là sans toi. Une grande inspiration et tu te retournes, un sourire immense aux lèvres.

« Tu as fini ton petit discours ? Je ne veux pas dire, mais il est un peu assommant... C'est mignon de vouloir croire à l'enfer et au paradis pour se déculpabiliser. Comme si avoir un passé lourd t'autorisait à me parler comme à une enfant. »

Un grand sourire, tu te diriges vers lui et te penche vers son visage, le tien à peine à quelques centimètres du sien. « Mais si tu crois que mon visage d'ange fait de moi quelqu'un d'innocent, je pense que tu ne sais rien de ce qui me constitue. » Une pause, tu le regardes droit au fond des yeux et écarte une des mèches de cheveux qui tombent sur son visage, comme attendrie. « C'est mignon que tu crois encore à toutes ces histoires de vie après la mort. Est ce que c'est parce que tu espères qu'une de tes victimes qui comptait pour toi trouvera quelque chose après la mort ? Crois-moi, il n'y a rien. Elle est juste morte.»

Tu t'écartes soudainement et shoote intentionnellement du bout de ta chaussure dans le briquet qui atterris plus proche de Jae young que de toi, éclaboussant encore plus le bas de son pantalon. « Oops ! » La vue du sang, les nausées reprennent mais tu te tiens, le poing légèrement crispé. Tu ne perds pas ton air innocent du visage. « Je ne crois pas qu'il soit stipulé dans mon contrat que je doive aider à débarasser le tueur du corps. Je préfère laisser les grandes personnes,habituées à ce genre de tâches à le faire. » Tu passes la main dans les cheveux, reposant ton regard sur l'homme qui te fait face. « Qui sait, je pourrais par erreur faire brûler l'entrepôt en entier, et là... » Tu pauses avant de rire d'un rire fin, calculé, froid. « là tu pourrais dire que tu serais en enfer. »

Pour toi, il n'y a pas d'enfer ou de paradis. Il n'y a qu'un néant après la mort. Un néant qu'on laisse sur terre, un néant qu'on laisse dans le cœur des autres. L'enfer et le paradis ne sont que des excuses pour se déculpabiliser. Toi, ton enfer, tu le vis tous les jours, en vivant avec tes regrets et ta conscience. Repousser sa prise de conscience à après la mort n'est que la peur d'affronter ses fantômes.

Tu secoues légèrement tes cheveux en faisant quelques pas vers les cartons, à côté des androïdes restants. Tu poses ton ordinateur, et  faisant glisser le chouchou à ton poignet, tu attaches ta chevelure en une queue haute. Tu ne regardes plus l'homme tandis que tu ouvres ton ordinateur, prête à désactiver l'ensemble des androïdes présents.

« Je te laisse 3 minutes, sinon je m'en occupes moi-même... »



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MessageSujet: Re: All this bad blood here, won't you let it dry? | ft. Jaeyoung   Ven 14 Aoû - 17:09

Ta rébellion m’arrache un rire sans joie. Mes lèvres se tordent sous le coup d’une hilarité forcée, mais mon regard demeure inexpressif. Il se fait même dur quand, pour la première depuis que j’ai poussé les portes de l’entrepôt, je le pose sur la raison de ma présence en ces lieux : à l’autre extrémité du hangar, se tiennent en effet les deux douzaines de machines que je suis venu réduire en pièces détachées. Alertées par le vacarme, celles-ci sortent les unes après les autres de leur état de veille. Ça et là dans la pénombre, des yeux s’allument. Et comme si un marionnettiste invisible avait soudain décidé de tirer sur leurs fils, les pantins sursautent, puis s’animent. Leurs jambes désarticulées et leurs bras ballants se mettent en mouvement. Semblables à des soldats de plomb, les créatures se rangent ainsi en ordre de bataille. Mais plutôt que de se méfier d’une telle armée, on se laisse attendrir. Car, comme tout ce qu’il y a de diabolique en ce monde, la horde terrible avance masquée. Les inconscients qui l’ont engendrée ont eu l’effroyable idée de la doter de corps d’enfants. Visages poupins, mains potelées et petits pieds – tout y est. Le détail est soigné, l’illusion parfaite. Ces marmots… on dirait des vrais. A une différence près : ceux-là pourraient très probablement vous égorger.

Je suis conscient de tout cela. Et pourtant, l’espace d’un instant, alors que l’un des robots se détache du groupe, je semble l’oublier. A l’approche de l’automate, mon premier réflexe est d’à nouveau dégainer mon révolver. Mais à peine mes doigts effleurent-ils la grosse que deux bras frêles et chétifs se nouent autour de ma taille. Malgré moi, je me souviens de fins de journées difficiles, éclairées par la seule certitude que quelqu’un m’attend quelque part. Je crois entendre un faible « Appah, tu m’as manqué. » En somme : je tombe dans le panneau. L’étreinte se resserre ; mes tentatives pour m’en dégager manquent de conviction. Ma défaite m’apparaît dans toute son ampleur lorsque mes yeux croisent ceux de l’enfant artificiel. Les deux prunelles noires brillent de larmes. Elles sont telles de profonds abîmes dans lesquels il serait tellement aisé de plonger.

« S’il te plaît, protège-moi. Sauve-moi. »

Tu as sans doute raison. L’enfer, le paradis… ce ne sont que des conneries, des chimères auxquelles je m’accroche, me persuadant que Do Hee n’a pas complètement disparu, qu’elle est seulement allée ailleurs, là où le ciel est plus bleu et les gens moins cruels. A bien y réfléchir, cette meilleure demeure n’est pas nécessairement sise dans les cieux. Elle se trouve peut-être ici-bas, toute proche de moi… A cette seule pensée, je me mets à dérailler. Mon regard croise à nouveau celui de la poupée d’acier, et l’espace d’un bref instant d’égarement, je me dis que l’âme immatérielle de ma princesse doit s’y être réfugiée afin que je puisse enfin à nouveau l’enlacer. Tandis que je flirte avec cette folle idée, les traits de mon visage se détendent. De la même manière, mes poings – de coutume, toujours prêts à cogner – se desserrent. Une vague de soulagement me submerge. Dans mon délire, je crois l’avoir retrouvée. Elle, ma fille, mon bébé. Son nom m’échappe dans un murmure étranglé :

« Do Hee… »

La réalité ne tarde toutefois pas à me rattraper. Soudain, l’automate effectue quelques pas en arrière, puis se met à tituber. Des spasmes parcourent ses membres jusqu’à ceux-ci se raidissent brutalement. On l’entend alors tomber dans un grand bruit de ferraille et de rouages qui s’entrechoquent. Ses yeux exorbités roulent sur eux-mêmes. Ils clignotent à tout va pendant de longues secondes, puis s’éteignent pour tout jamais. Le silence se fait : la machine a été désactivée. Ce n’est qu’à ce moment que je me retourne vers toi. Je te trouve agenouillée devant ton ordinateur, tes doigts pianotent furieusement sur le clavier. Ce spectacle me fait lentement, mais sûrement dégriser. Tout ce que mon esprit avait mis de côté me revient peu à peu : notre mission, ta présence irritante, l’ultimatum que tu viens de me lancer. Cela me retombe sur les épaules, et je me sens subitement accablé et fatigué. Las, j’hausse un sourcil et lâche d’une voix traînante :

« Et je suppose que je suis censée te remercier pour l’efficacité de ton intervention ? Tu peux toujours crever. »

La violence de mes propos tranche avec l’impassibilité de mon visage. Elle trahit la sourde colère qui monte peu à peu en moi. Au départ, je ne saisis pas tout à fait ce qui m’agace tant. Tu m’as toujours porté sur les nerfs, mais je ne t’ai encore jamais haïe avec une telle passion. Ma main brûle de se refermer autour de ton poignet afin de le briser. Ce qui attise ma colère, c’est la honte de t’avoir laissé me voir dans l’un de mes moments de faiblesse. Maintenant, je n’éprouve plus qu’une envie : celle de te faire regretter et oublier. J’ai soif de vengeance. Ma gorge est sèche et mon front fiévreux. Je me penche pour récupérer le briquet ensanglanté.

« Mais t’as raison. Apparemment, tu te débrouilles très bien toute seule. Il vaut mieux que je te laisse t’occuper du reste. »

Mollement, je fais mine de me diriger vers la sortie. Mais non loin d’elle, se trouve un bureau sur lesquels les trafiquants ont abandonné tous leurs plans et divers papiers. Il suffit d’une simple pression exercée sur la molette du briquet pour en faire jaillir une étincelle. Le feu prend facilement. Quelques secondes s’écoulent, et voilà que, déjà, les flammes viennent lécher le sol sur lequel des traînées d’essence. Le brasier se nourrit des vieux chiffons que les mécaniciens ont utilisés pour huiler leur machines. L’incendie gagne du terrain et menace de t’encercler. Sur le seuil de la porte, je ris à nouveau. Plus fort, plus cruellement.

« Par contre, je crois que moi, je te laisse moins de trois de minutes pour t’en sortir… »

Si je voulais te tuer, je m’en irais. Mais dans mon immense clémence, je demeure sur le seuil de la porte, attendant ton appel à l’aide. Cela sera là le prix à payer. Pour avoir été témoin de ma détresse, il te faudra crier la tienne et implorer ma pitié.
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All this bad blood here, won't you let it dry? | ft. Jaeyoung

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